En déplacement à Paris, Martin Fayulu échange ce samedi avec des membres de la diaspora congolaise autour de la crise politique et sécuritaire que traverse la République démocratique du Congo.
Le leader de l’ECiDé défend notamment sa position en faveur d’un dialogue national inclusif, tout en maintenant une ligne de confrontation politique avec le président Félix Tshisekedi.
Au cours de la conférence-débat, une question directe lui a été posée sur sa capacité à faire confiance au chef de l’État, alors que celui-ci n’aurait pas toujours respecté ses engagements par le passé.
« Beaucoup vous opposent le précédent : Félix Tshisekedi n’a pas toujours tenu ses engagements passés. Sur quelle base seriez-vous prêt à lui faire à nouveau confiance dans le cadre d’un dialogue ? », lui a demandé un participant.
Martin Fayulu a également été interpellé sur la responsabilité de plusieurs acteurs politiques dans la crise actuelle. En réponse, l’opposant a notamment cité Corneille Nangaa et Joseph Kabila.
« Nangaa, s’il n’avait pas falsifié les résultats, est-ce qu’on serait là ? Si Kabila n’avait pas dit que Fayulu est imbuvable, est-ce qu’on serait là ? », a-t-il lancé.
« Que fait le gouvernement congolais et l’AFC/M23 en ce moment en Suisse ? »
La participation éventuelle de l’AFC/M23 et de Joseph Kabila au processus de dialogue national annoncé en RDC fait également débat. Martin Fayulu assume, lui, la nécessité de parler à l’ensemble des acteurs susceptibles d’influencer l’issue de la crise.
Face aux critiques sur cette position, il a renvoyé ses interlocuteurs à la réalité des discussions en cours à l’étranger.
« Que fait le gouvernement congolais et l’AFC/M23 en ce moment en Suisse ? », a-t-il questionné.
Pour l’opposant, l’objectif d’un dialogue ne consiste pas à blanchir ou à légitimer les acteurs impliqués dans la crise, mais à rechercher une issue politique à celle-ci.
Cette position continue néanmoins de susciter des interrogations dans l’opinion, notamment sur les conditions d’une éventuelle participation de l’AFC/M23, de Joseph Kabila et du Rwanda à un processus destiné à trouver une sortie de crise.
Fayulu maintient la pression sur Tshisekedi
Depuis Paris, Martin Fayulu poursuit parallèlement son opposition au président Félix Tshisekedi. Il a récemment réaffirmé son refus de voir la Constitution modifiée afin de permettre au chef de l’État de briguer un éventuel troisième mandat en 2028.
L’opposant affirme qu’il entend continuer à mobiliser ses partisans contre toute initiative allant dans ce sens et appelle à une forte mobilisation politique.
Son séjour européen intervient donc dans un contexte marqué par deux batailles parallèles : d’une part, la recherche d’un dialogue censé contribuer à mettre fin à la crise sécuritaire et politique ; d’autre part, la contestation de la gouvernance de Félix Tshisekedi et de ses ambitions constitutionnelles présumées.
À Paris, Fayulu tente ainsi de convaincre une diaspora congolaise particulièrement attentive aux évolutions politiques de Kinshasa que, malgré les divergences et les rancœurs du passé, aucune sortie durable de crise ne pourra faire l’économie d’un dialogue avec les principaux protagonistes.

