L’Observatoire des Droits Humains (ODH), avec l’appui financier de l’UNICEF, organise une formation destinée aux relais communautaires de six zones de santé du Sud-Kivu : Nyantende, Minova, Uvira, Idjwi, Nyangezi et Kalehe.
L’initiative vise à renforcer les capacités de ces acteurs afin de faciliter la détection précoce des événements inhabituels, la remontée rapide des alertes sanitaires et le dialogue avec les communautés.
Dans ces six zones de santé, les relais communautaires jouent un rôle important dans la surveillance sanitaire au niveau local. Leur proximité avec les ménages et leur connaissance des réalités sociales et culturelles de leurs communautés en font des acteurs de première ligne pour identifier les changements inhabituels et les préoccupations liées à la santé.
Renforcer la surveillance communautaire
La formation s’appuie notamment sur la Surveillance à base communautaire (SBC) et la Communication sur les risques et l’engagement communautaire (CREC).
Les participants sont formés à l’identification des signes et événements nécessitant une attention sanitaire, à la notification rapide des alertes aux responsables concernés, ainsi qu’à l’organisation de causeries éducatives et de visites à domicile.
Ils apprennent également à écouter les préoccupations des familles, à répondre à leurs questions et à orienter les personnes vers les services de santé appropriés.
Lutter contre les rumeurs
Au-delà de la transmission des messages sanitaires, la formation accorde une place importante au dialogue avec les communautés.
Dans un contexte marqué par les risques épidémiques, les populations ont besoin d’informations fiables, compréhensibles et adaptées à leurs préoccupations. L’écoute active, l’empathie, le dialogue et la transparence constituent donc des éléments essentiels de l’approche développée dans le cadre de cette formation.
Une attention particulière est également accordée à la gestion des rumeurs et de la désinformation. Les relais communautaires sont encouragés à écouter et à documenter les préoccupations exprimées par les populations, à les transmettre aux acteurs compétents et à contribuer à la diffusion d’informations vérifiées.
L’objectif est notamment de favoriser un climat de confiance et de permettre aux communautés de mieux comprendre les mesures de prévention et de protection.
Un rôle dans la riposte contre Ebola
La combinaison de la surveillance à base communautaire et de la communication sur les risques doit contribuer à soutenir plusieurs composantes de la riposte contre la maladie à virus Ebola (MVE).
Il s’agit notamment de la recherche active des cas, de l’identification et du suivi des contacts, des investigations, de la prise en charge des personnes affectées, des enterrements dignes et sécurisés, de la décontamination ainsi que de la vaccination lorsqu’elle est disponible.
La formation rappelle également l’importance de la redevabilité envers les communautés. Les questions, besoins, réactions, commentaires et plaintes exprimés par les populations constituent des informations utiles pour permettre aux acteurs de santé d’adapter leurs interventions aux réalités locales.
En renforçant les compétences des relais communautaires dans ces six zones de santé, l’initiative vise à rapprocher davantage la surveillance sanitaire et la communication des réalités quotidiennes des communautés.
Ces acteurs constituent ainsi un maillon essentiel pour détecter, notifier, écouter, orienter et mobiliser au niveau communautaire.
Pour l’ODH, avec l’appui financier de l’UNICEF, le renforcement des capacités des acteurs communautaires constitue un investissement dans une réponse sanitaire davantage fondée sur l’écoute, la confiance et la participation des populations.
L’activité s’inscrit dans le cadre du projet « Communication sur les risques et l’engagement communautaire, surveillance à base communautaire dans la réponse à la MVE et continuité des soins de santé dans les provinces de l’Ituri et du Sud-Kivu en RDC », mis en œuvre par l’ODH avec l’appui financier de l’UNICEF.

