Dans la province du Lualaba, la situation reste tendue autour de la concession minière de Metalkol, près de Kolwezi. Des exploitants non autorisés continuent d’opérer sur une partie du site, avec la présence signalée d’hommes armés en uniforme.
Selon plusieurs sources spécialisées du secteur minier, l’occupation, qui a repris depuis le 21 août, aurait pris une ampleur importante. Eurasian Resources Group (ERG), l’exploitant de Metalkol, affirme que des excavatrices et des camions sont utilisés pour extraire et évacuer des matériaux à grande échelle. Le groupe évoque jusqu’à environ 700 tonnes de matériaux quittant quotidiennement la concession.
Des images et témoignages relayés ces derniers jours font également état de nombreux camions quittant la zone du village Saddam, sur le périmètre de Metalkol. Le journaliste Christophe Rigaud, d’Afrikarabia, affirme notamment que des dizaines de camions continuent d’évacuer du minerai et évoque la présence d’hommes en uniforme. Ces éléments restent toutefois à établir de manière indépendante.
Des hommes armés sur le site
La présence d’hommes en uniforme et armés constitue l’un des principaux points de préoccupation. ERG affirme que cette présence empêche ses équipes d’accéder à la zone concernée et d’y exercer leurs activités.
En septembre, Miningcongo rapportait que des hommes armés en uniforme et des groupes de mineurs sans autorisation avaient repris possession d’une partie de la concession. Le média indiquait également que l’Inspection générale des mines avait confirmé que le gouvernement était informé de la situation et que des mesures étaient annoncées pour tenter de la résoudre.
Cette situation intervient alors que le président Félix Tshisekedi avait demandé, en juillet, de mettre fin à la militarisation illégale des sites miniers. ERG affirme ainsi que les nouvelles incursions se poursuivent malgré les instructions venues des plus hautes autorités.
Un contraste avec le discours sur le climat des affaires
Le dossier Metalkol intervient quelques jours seulement après le lancement de la deuxième édition du baromètre national du climat des affaires.
Le 26 septembre, Félix Tshisekedi a ordonné le lancement de ce baromètre destiné à mesurer la perception des opérateurs économiques et à identifier les obstacles à l’investissement en RDC. La première édition avait obtenu un score de 37 %, révélant, selon la présidence, une perception peu satisfaisante de l’environnement des affaires.
Le cas Metalkol illustre ainsi l’un des défis auxquels est confronté le secteur minier congolais : la protection effective des concessions, la lutte contre l’exploitation non autorisée et la sécurisation des investissements.
Des accusations visant l’entourage présidentiel
Sur le terrain, certaines voix vont plus loin.
Kimundu Mwila, présenté comme un habitant du milieu, affirme que des membres de la famille du président Félix Tshisekedi seraient derrière l’exploitation dénoncée à Metalkol. Il accuse également les autorités provinciales de ne pas être en mesure de mettre fin à la situation.
Ces accusations, particulièrement graves, ne sont toutefois pas étayées par des éléments permettant de les confirmer indépendamment. Elles doivent donc être considérées comme les déclarations de cet habitant et non comme des faits établis.
Des informations publiées antérieurement montrent néanmoins que les accusations autour d’extractions minières impliquant des personnes se réclamant de l’entourage présidentiel ne sont pas nouvelles. En 2025, l’institut de recherche Ebuteli avait déjà rapporté des opérations d’extraction illégale sur un site exploité par Metalkol, avec des engins lourds escortés par des éléments de sécurité. L’institut indiquait qu’une enquête n’avait pas permis d’établir la chaîne de commandement impliquée.
Un enjeu majeur pour le cobalt congolais
Metalkol est un acteur important du secteur du cuivre et du cobalt en RDC. Sa concession comprend notamment d’importantes réserves de résidus miniers historiques, dont le retraitement contribue à la production de cobalt du pays.
L’ampleur des opérations dénoncées soulève donc des questions économiques et sécuritaires, mais aussi environnementales. Mines.cd rapportait récemment que l’occupation d’une partie de la concession pourrait également présenter des risques pour les infrastructures hydrauliques et l’approvisionnement énergétique dans la région, notamment en raison d’une obstruction présumée du déversoir de Nzilo. Ces informations n’ont toutefois pas encore été confirmées par les autorités compétentes.
À ce stade, le gouvernement congolais dit être informé de la situation. L’Inspection générale des mines a annoncé que des mesures étaient prises pour rechercher une solution durable. Le ministère des Mines, de son côté, reste confronté à un dossier qui met directement à l’épreuve la capacité des autorités à faire respecter les règles sur une concession minière stratégique.
La question reste désormais de savoir combien de temps cette occupation pourra se poursuivre et quelles mesures concrètes seront prises pour rétablir le contrôle effectif de la concession de Metalkol.
Par Farell Kalabula

