La Division provinciale de la Santé (DPS) du Sud-Kivu, avec l’appui de l’Observatoire des Droits Humains (ODH) et le financement de l’UNICEF, organise une formation à l’intention des membres des équipes cadres des 09 zones de santé afin de renforcer leurs capacités en matière de prévention, de surveillance et de riposte aux épidémies, en particulier à la maladie à virus Ebola (MVE).
Cette formation vise à renforcer les connaissances des ECZS sur la maladie à virus Ebola et à Renforcer leurs capacités en matière de détection, d’investigation, de notification et de référencement des alertes communautaires. 45 membres des équipes cadres de neuf zones de santé du Sud-Kivu ont pris part à cette formation consacrée à la surveillance, à la prévention et au contrôle des infections ainsi qu’à la prise en charge et au référencement des alertes. 45 membres de 9 zones de santé, notamment
Les participants ont été appelés à mieux maîtriser l’identification, l’enregistrement et le suivi des contacts, ainsi que les principes de prévention et de contrôle des infections dans les formations sanitaires. L’objectif est également d’améliorer la coordination entre les différents piliers de la réponse au niveau des zones de santé et de clarifier les responsabilités des membres des équipes cadres dans la surveillance, le suivi des des Contacts, PCI et PEC.
Pour Jean-Claude Kulondwa, chef de bureau de l’hygiène et de la salubrité publique à la DPS du Sud-Kivu et président du pilier PCI-OH dans le cadre de la réponse aux épidémies, la formation ne doit pas être limitée à la transmission des connaissances techniques. Son intervention s’est particulièrement intéressée au leadership en prévention et contrôle des infections, considéré comme un élément déterminant dans la gestion des épidémies.
« L’idée était de susciter chez eux la culture de la gestion des épidémies à travers l’organisation des services de prévention », explique Jean-Claude Kulondwa.
Selon lui, les équipes cadres des zones de santé ont une responsabilité importante dans l’accompagnement des structures de soins et doivent intégrer systématiquement la prévention et le contrôle des infections dans leurs missions.
Ces dernières doivent veiller à ce que les prestataires de soins appliquent correctement les précautions standards et respectent les mesures essentielles de prévention des infections. Il s’agit notamment de promouvoir l’hygiène des mains, le port approprié des équipements de protection individuelle, la sécurité des injections, la gestion adéquate des déchets, le nettoyage et la désinfection des équipements et des surfaces, ainsi que la stérilisation du matériel.
L’un des messages forts de cette formation concerne le comportement des responsables des structures sanitaires. Pour Jean-Claude Kulondwa, le leadership en PCI commence par l’exemplarité des dirigeants.
« Un responsable doit être exemplaire lui-même. Il ne peut pas prêcher des normes qu’il ne maîtrise pas ou qu’il n’applique pas avec ceux avec qui il travaille », souligne-t-il.
Cette approche vise à faire des responsables sanitaires des modèles auprès de leurs équipes. L’application des normes de PCI ne devrait donc pas seulement reposer sur des instructions descendantes, mais également sur le comportement quotidien des dirigeants.
Le chef de bureau de l’hygiène et de la salubrité publique estime par ailleurs que l’amélioration des pratiques de PCI ne doit pas être fondée uniquement sur une logique punitive. Il préconise plutôt une approche combinant correction des mauvaises pratiques, encouragement et valorisation des bonnes pratiques.
« La culture de la PCI ne doit pas être beaucoup plus punitive », insiste-t-il, tout en reconnaissant la nécessité de sanctions lorsque les normes ne sont pas respectées.
Pour lui, les bonnes pratiques doivent également être valorisées afin d’encourager les autres prestataires à les adopter. Même si la formation intervient dans un contexte marqué par les risques liés à la maladie à virus Ebola, les enseignements dispensés dépassent cette seule épidémie. L’objectif est de permettre aux équipes cadres de disposer de compétences pouvant être mobilisées face à différentes situations d’urgence sanitaire.
A travers cette initiative, la DPS, avec l’appui de l’ODH et le financement de l’UNICEF, entend ainsi contribuer à renforcer la préparation des zones de santé, améliorer la détection précoce des alertes et promouvoir une culture durable de prévention et de contrôle des infections dans les formations sanitaires du Sud-Kivu.
L’enjeu est désormais de transformer les connaissances acquises au cours de cette formation en pratiques quotidiennes, afin que chaque formation sanitaire puisse être mieux préparée à prévenir, détecter et contenir une éventuelle flambée épidémique.


