À Kinshasa, des acteurs de la Société civile se sont réunis vendredi dans le cadre de la Quinzaine citoyenne autour du « Manifeste de Kasangulu ».
Ils appellent à une réponse qui dépasse le seul cadre militaire et souhaitent faire entendre leurs propositions dans le futur Dialogue national inclusif.
La crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) continue de mobiliser la Société civile. À Kinshasa, plusieurs organisations et acteurs citoyens se sont réunis vendredi 4 septembre à la Délégation générale Wallonie-Bruxelles pour analyser la situation au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
La rencontre s’inscrivait dans le cadre de la Quinzaine citoyenne autour du Manifeste Citoyen dit « Manifeste de Kasangulu ». Elle était modérée par Me Patient Bashombe Matabishi, président du Bloc-RDC/Société civile.
Les échanges ont notamment porté sur les violences contre les populations civiles, les déplacements forcés et les combats qui se poursuivent dans certaines zones de l’Est du pays, notamment dans les moyens et hauts plateaux d’Uvira.
Les représentants du CEPADHO et d’Alert d’Espoir ont présenté leur analyse de la situation sur le terrain. Les participants ont également insisté sur les besoins en équipements et en moyens logistiques des forces engagées dans la défense du territoire.

Une crise qui dépasse le seul cadre militaire
Pour les participants, la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC ne peut pas être réglée uniquement par des moyens militaires.
La crise comporte, selon les différentes interventions, des dimensions géopolitiques, économiques, minières, sociales et humanitaires. L’exploitation des ressources naturelles a notamment été évoquée comme l’un des facteurs à prendre en compte dans la recherche d’une solution durable.
Les participants estiment donc nécessaire d’adopter une approche globale, capable de répondre à la fois aux enjeux sécuritaires et aux causes profondes des conflits.
Le « Manifeste de Kasangulu » présenté comme une contribution au Dialogue national
La deuxième partie de la rencontre était consacrée au Manifeste Citoyen dit « Manifeste de Kasangulu ».
Le document est présenté par ses initiateurs comme une contribution de la Société civile au processus de Dialogue national inclusif annoncé en RDC.
Le professeur Iyoka Jean-Bedel, secrétaire général du Bloc-RDC, a présenté l’historique et les principales orientations du manifeste. Jean Bosco Muhemeri a, de son côté, expliqué la démarche méthodologique qui a conduit à son élaboration.
L’objectif affiché est de faire de cette initiative un espace de mobilisation et de participation citoyenne autour de propositions portant notamment sur la paix, la cohésion nationale, la démocratie et la refondation de l’État.
« Restaurer nos valeurs et notre identité »
La dimension citoyenne de l’initiative a également été mise en avant au cours des discussions.
Pour le Dr Bienvenue Nzuzi, le contexte actuel doit être mis à profit pour engager une réflexion plus large sur les valeurs et l’avenir du pays.
« La Société civile doit saisir le contexte actuel pour restaurer nos valeurs et notre identité, et porter des propositions concrètes en faveur de la paix, de la cohésion nationale, de la démocratie et de la refondation de l’État. »
Une plateforme pour mobiliser les citoyens
La rencontre a aussi permis de présenter la plateforme numérique officielle du Manifeste Citoyen.
Selon ses promoteurs, le site manifestecitoyenrdc.org permet notamment de consulter le document, d’y adhérer, de participer à la dynamique citoyenne et de devenir ambassadeur du Manifeste de Kasangulu.
La communication et le plaidoyer autour de l’initiative sont notamment portés par Sylvie Nakweti.
Plusieurs recommandations adoptées
Au terme des échanges, plusieurs recommandations de plaidoyer ont été formulées puis adoptées par les participants.
Les organisateurs ont également lancé un appel à une mobilisation citoyenne accrue autour du Manifeste de Kasangulu, dans la perspective du Dialogue national inclusif.
À travers cette initiative, la Société civile entend ainsi renforcer son rôle dans la recherche de solutions à la crise que traverse la RDC.
Elle souhaite se positionner non seulement comme une force de veille et d’alerte, mais aussi comme une force de proposition et d’action, notamment sur les questions de paix, de gouvernance, de cohésion nationale et de refondation de l’État.


