Le discours du président Félix Tshisekedi sur le dialogue national ne convainc pas tout le monde.
Dans l’opposition et au sein de la société civile, plusieurs voix dénoncent une initiative qu’elles jugent insuffisamment inclusive et incapable, selon elles, de répondre aux principales crises que traverse la République démocratique du Congo.
Pour José Makila, membre de la plateforme Sauvons la RDC, le discours présidentiel constitue une « grave déception ».
« Quand la Nation est en crise, le Président ne peut être à la fois l’initiateur, le maître du jeu et l’arbitre de son propre dialogue », affirme-t-il.
José Makila critique notamment le rôle central accordé au chef de l’État dans l’organisation du processus.
« Se prendre pour l’Alpha et l’Oméga du dialogue national, c’est confondre la République avec son pouvoir », estime-t-il.
Selon lui, la RDC devrait plutôt s’engager dans un processus indépendant et ouvert à toutes les composantes de la société.
« La RDC a besoin d’un dialogue libre, inclusif et sincère, pas d’une mise en scène destinée à sauver un système », soutient-il.
La guerre à l’Est au cœur des inquiétudes
Du côté de la société civile, Armand Nzolo estime que l’annonce présidentielle ne répond pas au principal problème auquel le pays est confronté : la guerre dans l’Est.
Selon lui, « le système est verrouillé », mais la question essentielle demeure le conflit armé et ses conséquences sur les populations.
Il se montre également sceptique face à l’inclusivité annoncée par le pouvoir. À ses yeux, celle-ci pourrait surtout servir à préparer une consultation populaire susceptible d’aboutir à une modification de la Constitution.
À Bunia, une position encore plus radicale
À Bunia, l’analyste politique Charles Balolebwani se montre beaucoup plus catégorique.
Pour lui, la priorité absolue reste la fin de la guerre et cela passe, selon son analyse, par le départ du chef de l’État.
Il estime que « la seule solution pour mettre fin à la guerre reste la démission immédiate de Tshisekedi », qu’il accuse d’« illégitimité et d’incompétence ».
Pour Charles Balolebwani, le reste ne serait que « du cosmétique pour gagner du temps ».
Ces différentes réactions montrent que le projet de dialogue national reste loin de faire consensus.
Alors que Félix Tshisekedi présente cette démarche comme une occasion de rechercher des solutions aux crises du pays, ses détracteurs réclament davantage de garanties sur son indépendance, son inclusivité et surtout sur sa capacité à répondre à la guerre qui persiste dans l’Est de la RDC.

