La ville d’Uvira, dans le sud de la province du Sud-Kivu, s’est réveillée sous les tirs ce mercredi 16 septembre 2026.
La situation reste tendue dans plusieurs quartiers, alors que les activités scolaires, commerciales et le transport sont fortement perturbés.
Selon plusieurs habitants contactés sur place, les premiers coups de feu ont été entendus vers 5 heures du matin dans les secteurs périphériques de la ville. Les tirs se sont ensuite rapprochés des zones habitées, notamment autour de 7 heures.
Des détonations ont notamment été signalées à Kavimvira, Kasenga, Kalundu, Mulongwe, Kimanga et Nyamianda. Pour l’instant, l’origine exacte des tirs et l’identité de leurs auteurs n’ont pas été établies de manière indépendante.
Un écolier tué
La matinée a déjà fait au moins une victime parmi les civils.
Un élève de quatrième année primaire de l’EP Umoja de Kamongola aurait été mortellement atteint par balle dans le quartier de Kalundu.
« Un élève de quatrième année primaire de l’EP Umoja de Kamongola a été tué par balles à Kalundu », confie une source de la société civile locale citée par Libre Grand Lac.
Les circonstances précises de sa mort, notamment l’origine du tir qui l’a atteint, restent à déterminer.
Cette nouvelle victime intervient alors qu’Uvira demeure particulièrement vulnérable après les violences qui ont marqué la ville et ses environs au cours des derniers mois. Human Rights Watch a notamment documenté des meurtres de civils dans plusieurs quartiers d’Uvira, dont Kasenga et Kalundu, lors des combats de décembre 2025.
Des écoles ferment leurs portes
Face aux tirs, plusieurs établissements scolaires ont renvoyé leurs élèves chez eux.
Des commerces ont également réduit ou interrompu leurs activités, tandis que la circulation est fortement perturbée. Selon plusieurs sources locales, le transport entre Bukavu, Uvira et d’autres destinations a été suspendu en raison de la situation sécuritaire.
La ville fonctionnait donc au ralenti dans la matinée, avec des habitants cherchant à se mettre à l’abri.
Cette paralysie rappelle d’autres mobilisations récentes à Uvira. Début août, une journée ville morte avait déjà fortement réduit les activités économiques, sur fond de préoccupations liées à l’insécurité dans la région.
La piste d’une colère des Wazalendo
Plusieurs sources locales avancent une autre explication aux violences de ce mercredi : il pourrait s’agir d’une manifestation de colère de combattants Wazalendo à la suite de l’arrestation de l’un des leurs par l’armée.
Selon ces sources, cet homme est détenu depuis le 5 septembre dernier. Les raisons précises de son arrestation ne sont toutefois pas connues à ce stade.
Des habitants affirment que des tracts ont circulé mardi dans différents quartiers d’Uvira pour réclamer sa libération. Les tirs entendus ce mercredi pourraient donc être liés à cette revendication, mais cette version n’a pas encore été officiellement confirmée.
Aucune communication officielle permettant d’établir clairement les circonstances ayant déclenché les tirs n’était disponible au moment de la rédaction.
Un contexte militaire toujours tendu
La situation dans la ville intervient dans un contexte de fortes tensions militaires dans le Sud-Kivu.
Dans les Hauts-Plateaux d’Uvira et de Fizi, les FARDC mènent depuis plusieurs semaines des opérations contre différents groupes armés. L’armée a annoncé récemment avoir repris plusieurs localités et neutralisé des combattants lors de ces opérations.
La région reste également marquée par les affrontements impliquant le M23, des groupes armés locaux et les forces gouvernementales.
Pour l’heure, les informations disponibles sur les événements de ce mercredi restent fragmentaires. Le bilan humain pourrait évoluer, tandis que les habitants attendent des explications sur l’origine des tirs et sur les mesures prises par les autorités pour rétablir le calme dans la ville.


