Le torchon brûle entre Bahati Lukwebo et certains proches du président Félix Tshisekedi.
Le président de l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC) accuse notamment Mandungu Bula, conseiller privé du chef de l’État, de chercher à lui retirer le contrôle de son parti politique.
Dans un message adressé à Mandungu Bula, Bahati Lukwebo affirme être régulièrement informé des démarches entreprises contre lui.
« Je suis régulièrement au courant de tout ce que vous faites pour me nuire et m’arracher mon Parti politique AFDC pour lequel j’ai beaucoup souffert et consenti d’énormes sacrifices intellectuels, logistiques, matériels et financiers », écrit-il.
Pour Bahati Lukwebo, l’AFDC ne peut être dissociée de son parcours politique et de ceux qui ont contribué à sa création. Il rappelle que, malgré l’évolution des rapports de force politiques, certains partis restent historiquement associés à leurs fondateurs.
« L’opinion retiendra que l’UDPS est à Tshisekedi, le MLC à Bemba, l’UNC à Kamerhe, l’AFDC à Bahati », soutient-il.
L’ancien président du Sénat demande ainsi aux responsables qu’il accuse de soutenir les frondeurs au sein de l’AFDC de les encourager plutôt à créer leur propre formation politique.
« Quatre individus déjà exclus conformément aux textes ne peuvent s’accaparer d’un patrimoine de 450 fondateurs », affirme Bahati Lukwebo, qui dit vouloir aller jusqu’au bout pour défendre ses droits.
« Je résisterai jusqu’à la dernière goutte de mon sang pour défendre mes droits et notre propriété », prévient-il.
Des relations personnelles désormais mises à rude épreuve
Dans son message, Bahati Lukwebo évoque également ses anciennes relations avec la famille du président Tshisekedi, estimant que la situation actuelle constitue une rupture inattendue.
« Je ne pouvais pas m’imaginer que des bonnes relations que j’entretenais avec votre feu père, un de ses descendants y grefferait un hiatus », écrit-il.
Cette sortie intervient alors que les rapports entre Bahati Lukwebo et une partie de la majorité présidentielle semblent se tendre davantage autour du contrôle de l’AFDC.
Une réaction qui divise
Les accusations de Bahati suscitent déjà des réactions contrastées dans l’opinion congolaise.
Guy Mbadu estime notamment que la situation actuelle est un retour de balancier pour Bahati Lukwebo. Il rappelle le rôle joué par ce dernier lors de la recomposition de la majorité parlementaire en faveur de Félix Tshisekedi.
« Celui qui a reconnu les frondeurs du PPRD lorsqu’il était informateur en 2020. La roue n’a fait que tourner », écrit-il.
À l’inverse, Isaac Bisumba apporte son soutien à Bahati Lukwebo et s’en prend directement au conseiller privé du chef de l’État.
« C’est ce conseiller qui dit toujours au chef de l’État qu’on peut diriger le Congo sans le Nord et Sud-Kivu », affirme-t-il, avant de dénoncer ce qu’il considère comme une stratégie visant ceux qui ont contribué à l’installation du pouvoir actuel.
« Il y a les personnes qu’on ne combat jamais », ajoute-t-il.
Félix Tshisekedi était-il au courant ?
Une autre interrogation apparaît dans les réactions suscitées par cette affaire. Flavier Mbomyo s’interroge sur le rôle réel du président Félix Tshisekedi.
« Fait-il cela au dos de son ami et chef ? Son chef, Félix Tshisekedi, président de la RDC, n’est-il pas au courant qu’il complote pour arracher le parti politique de l’autre? », se demande-t-il.
Pour l’heure, ces accusations restent au cœur d’une controverse politique entre les différents protagonistes. Elles illustrent surtout les tensions qui peuvent surgir autour du contrôle et de la légitimité des formations politiques au sein de la majorité au pouvoir en République démocratique du Congo.

