Les 27 élèves décédés dans les bousculades et l’incendie survenus le 10 septembre à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, ont été inhumés ce lundi 14 septembre au cimetière Ruzizi.
La cérémonie funéraire a réuni plusieurs acteurs politiques et de la société civile, ainsi que des proches des victimes. Les intervenants ont appelé les autorités à renforcer les mesures de prévention et de protection face à la multiplication des incendies dans la ville.
Le bilan du drame, initialement établi à 29 morts par les autorités éducatives, a été revu à la baisse. Les autorités politico-administratives locales font désormais état de 27 décès.
Des élèves pris de panique
Le drame s’est produit le 10 septembre sur l’avenue Funu B, dans le secteur de Kasheke, au quartier Chimpunda.
Selon les informations rapportées par la société civile, le feu est parti d’une maison d’habitation avant de se propager aux complexes scolaires Furaha et Ujamaa.
La propagation rapide des flammes a provoqué un mouvement de panique parmi les élèves. Certains ont été pris dans les bousculades alors qu’ils tentaient de sortir des établissements scolaires.
D’autres victimes, notamment des élèves, ont été asphyxiées par la fumée. Plusieurs dizaines de personnes ont été conduites vers différentes structures sanitaires de Bukavu pour y recevoir des soins.
Au lendemain de l’incendie, les autorités locales avaient fait état d’une vingtaine de morts. Le bilan s’est ensuite alourdi avant d’être finalement fixé à 27 décès.
Plus de 500 maisons détruites
L’incendie ne s’est pas limité aux complexes scolaires. Selon des notables locaux, plus de 500 maisons ont également été détruites par les flammes.
La société civile affirme que le feu s’est propagé à partir d’une habitation vers les deux complexes scolaires, avant de toucher plusieurs autres maisons du secteur.
Cette nouvelle catastrophe ravive les inquiétudes face à la multiplication des incendies à Bukavu. Des acteurs de la société civile dénoncent l’insuffisance des mesures de prévention et demandent aux autorités de renforcer le contrôle du respect des normes d’urbanisme et d’habitat.
Le gouvernement provincial du Sud-Kivu a lui aussi reconnu l’ampleur du problème. Il déplore l’insuffisance des dispositifs de prévention, alors que plusieurs milliers de maisons auraient été détruites par des incendies dans la ville au cours des dernières semaines.
Des sinistrés sans abri
Au-delà du bilan humain, les incendies ont laissé des milliers de personnes sans logement. Selon plusieurs sources locales, plus de 2 000 personnes touchées par les récents incendies passent désormais la nuit à la belle étoile.
Lors des obsèques, les appels se sont donc multipliés pour que les autorités prennent des mesures urgentes afin de prévenir de nouvelles catastrophes, mais aussi pour mieux prendre en charge les familles et les personnes déplacées par les incendies.
La cérémonie d’inhumation des 27 élèves a ainsi été marquée par une double exigence : rendre hommage aux victimes et tirer les leçons d’un drame qui relance le débat sur la sécurité des établissements scolaires, l’urbanisation et la prévention des incendies à Bukavu.


